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La logistique urbaine = un enjeu de reconquête urbaine

La voix de NOSTERPACA

A l'initiative de la CCIMP et en complément du "chantier 6 de la métropole" qui traite du "système logistique et portuaire", un atelier a été consacré le 27 février à l'acheminement des marchandises sur le territoire Aix-Marseille-Provence.

 

La logistique urbaine = un enjeu de reconquête urbaine

 

La Chambre de Commerce et d'Industrie Marseille-Provence (CCIMP) a pour territoire de compétence les arrondissements de Marseille, Aix-en-Provence et Istres. Elle possède 6 antennes Aix-en-Provence, La Ciotat, Aubagne, Istres, Martigues, Salon-de-Provence. C'est donc une entité bien en correspondance avec les enjeux qui se profilent derrière les changements de gouvernance entérinés et à venir.

Un public nombreux avait répondu à l'invitation de cette séance, accueilli par Mme Sabrya PREVOST de la CCIMP. C’est Mme Adeline DESCAMPS, Rédactrice en chef de Méridien Mag, qui a animé les débats.

La logistique urbaine = un enjeu de reconquête urbaineLa logistique urbaine = un enjeu de reconquête urbaine

Le sujet est lancé avec un film montrant la situation au quotidien de l'activité à Marseille. Les difficultés de stationnement des camions de livraisons, contraints de s'affranchir de la réglementation pour approcher du lieu de destination des produits, les livraisons décalés à cause des impossibilités d'assurer la mission sont visualisés sans que de longs commentaires soient nécessaires. Commerçants destinataires et salariés mais aussi les citoyens coincés dans leurs véhicules subissent les conséquences de cette mauvaise organisation, ainsi parfois que les clients qui ne trouvent pas toujours les produits au moment souhaité.

Marc REVERCHON, Vice-Président CCI Marseille Provence, Délégué au Transport et à l’aménagement du territoire, a rappelé l'évolution de ces dernières années pour faire le constat du peu de résultats obtenus à ce jour. Pour la CCI, la Métropole est une opportunité car elle doit apporter des résultats dans les domaines de l'emploi en priorité mais aussi, et en lien, avec ceux du logement  et des Transports Collectifs.

Daniel BOUDOIN consultant du Cabinet Jonction et membre du CRET-LOG (Centre de REcherche sur le Transport et la LOGistique) a présenté une analyse faisant ressortir la multiplicité d'intervenants, le peu de communications et au final l'absence de solutions proposées.

Parmi les chiffres cités, il faut noter l'impact  des transports de marchandises en ville dont la part d'émission de gaz à effet de serre (GES) est évaluée à 33% du total. En ajoutant que la moitié est due aux particuliers utilisant leur véhicule personnel pour les différentes courses domestiques.

Une vision plus globale est développée depuis les années 1990 mais avec des freins dans la réalisation, comme le rôle du consommateur qui devra accepter de payer plus pour une meilleure qualité de vie. A cela s'ajoute l'absence de compétence de la collectivité : les échanges économiques sont du ressort du privé et les interventions administratives sont à effet incertain.

Exemple donné : le Plan de Déplacements Urbains de la Métropole de Marseille adopté en 2001 avec 17 recommandations concernant la logistique. En 2014, le bilan est de 3 mises en oeuvre partiellement.

Des solutions existent. Mais en France, c'est le politique qui doit faire évoluer alors que dans les pays du Nord de l'Europe, ce sont les acteurs du milieu économique qui s'organisent. Un premier indicateur pour notre territoire sera la désignation d'une personne référente "logistique urbaine"

 

La logistique urbaine = un enjeu de reconquête urbaineLa logistique urbaine = un enjeu de reconquête urbaine
La logistique urbaine = un enjeu de reconquête urbaineLa logistique urbaine = un enjeu de reconquête urbaine

Marc REVERCHON a souhaité que tous les Plans proposés aujourd’hui : PDU (Déplacements Urbains), PLU (Locaux d’Urbanisme), PLH (Locaux de l’Habitat) arrivent à ne faire plus qu’un seul document  pour pallier un manque de coordination facteur de perte de temps.

Des volontés s'expriment pour aller vers des changements comme la desserte logistique de la Ciotat et Cassis par la voie maritime durant la période estivale. Il semble admis que le GPMM a un  rôle dans cette évolution.

Yves KERBORIOU a situé l'action de son entreprise dans ce contexte. "La Poste" a une volonté d'innover et de conserver son positionnement dans un environnement très concurrentiel. Pour cela, des expérimentations existent comme  le lancement progressif d'un réseau mutualisé de consignes automatisées ou la création d'un "hub multiservices" à Nice. "La Poste" dispose de réserves foncières pour les 50 hectares nécessaires par exemple à Marseille pour organiser l'activité. Pour lui, la mutualisation apparaît comme passage obligé.

Serge MERCIER est intervenu pour expliquer la vision de son entreprise SOGARIS qui dispose d'une expertise forte dans ce domaine, fondée sur une expérience diversifiée.

Trois niveaux sont à considérer pour une bonne approche de la question et visualiser une évolution dans le temps :

Le niveau 1 est lémergence de plate-formes hors centre-ville, c'est l'exemple de Vitrolles pour notre territoire. La récupération des emprises SNCF d'Arenc illustre le niveau 2 qui ramène une présence en zone urbaine dense. En niveau 3, c'est désormais la création d'espaces urbains de distribution qui devrait se développer. Un exemple existe à Paris 15°.

Un rapide échange avec la salle a montré l'attente de solutions, avec une pointe d'exaspération lorsqu'il est question de réglementation et de son application dans les rues de Marseille, où le stationnement en double file reste sans sanction. Un intervenant a insisté particulièrement sur la place de la circulation de l'information. Pour beaucoup, la Métropole affiche une volonté politique mais l'impatience est grande de constater un passage de la parole aux actes. 

 

Pour NOSTERPACA, l'ensemble de ces informations confirme à bien des égards la justesse de nos positionnements. Bien que peu développés, la réalité des coûts et le "qui paie quoi" ont été évoqués comme des points à traiter pour aller vers des solutions pérennes. Et le tout libéral en la matière montre bien ses limites.

Mais c'est en particulier notre demande de préservation de l'ensemble des sites ferroviaires abandonnés par SNCF et/ouRFF qui apparaît totalement d'actualité. Et il faut avoir des nerfs solides pour entendre aujourd'hui des regrets exprimés d'avoir bétonné les voies du côté de Marseille Maritime Arenc il y a quelques années. Nous aurions pu parler aussi de l'abandon du site du Prado, desservi par une ligne électrifiée et de l'absence totale d'ambitions pour la vallée de l'huveaune qui dispose pourtant d'atouts exceptionnels pour irriguer de nombreuses friches industrielles par le ferroviaire.

Et dire que l'on est en passe de rééditer ce genre d'exploit sur les Alpes-Maritimes !

A quand une écoute sérieuse des propositions portées par des associations comme la notre ?

 

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