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La Région PACA : quel positionnement vis-à-vis des flux internationaux ?

La voix de NOSTERPACA

 

Démarche engagée par le cluster PACA Logistique avec le soutien du Conseil Régional, une série de réunions se déroule actuellement dans notre région avec pour théme "Vers une stratégie logistique au service de la performance des territoires"

Voici les notes de Gilbert JEAN, trésorier de NOSTERPACA,  prises lors de la réunion de Nice, CCI Côte-d’Azur du 17juin qui traitait de : La Région PACA : quel positionnement vis-à-vis des flux internationaux ?

La réunion est co-présidée par Marc Reverchon, président du cluster PACA logistique et Pascal Nicoletti, vice-président de la CCI, en charge des transports.

M.Nicoletti souligne tout d’abord le manque d’espaces disponibles pour faire face à l’accroissement des activités dans le département des Alpes-Maritimes. Il se pose la question de la captation des flux de marchandises qui traversent, dans un sens comme dans l’autre, le département. Il s’inquiète de la faible valeur ajoutée d’une activité de simple transit.

M.Reverchon présentera la démarche régionale du cluster à l’échelle régionale. Pour lui, elle passe par la nécessité de mieux connaitre et identifier les flux de marchandises. Le but étant de déboucher sur une synergie logistique-territoire. Il rappelle que la logistique dans l’économie actuelle est une fonction vitale pour les entreprises régionales et leurs habitants.

Mme Sirvent, consultante, intervient ensuite pour présenter une série de données, elle souligne tout d’abord que si les B du Rh enregistrent des flux maritimes et internationaux, les Alpes-Maritimes de leur côté connaissent surtout des flux de transit, dans le Vaucluse, il existe un frémissement de l’activité logistique. Les flux internes à la région concernent essentiellement le BTP, le commerce et le tourisme (une rencontre sur ce sujet aura lieu à Manosque le 2 juillet).Parmi les flux de transit internationaux et nationaux on enregistre 35% des flux pour l’international et 21% pour le national, le reste étant des flux internes à la région. Elle constate que la région PACA est constituée d’abord de « tuyaux » qui permettent la traversée du territoire. L’un des enjeux d’une politique intégrant la logistique est de capter une partie de ces flux pour leur faire produire « quelque chose » sur le territoire. Le transit international passe par la route et par Vintimille, mais les flux de commerce interne empruntent les mêmes tuyaux. Les flux remontent aussi vers le nord par le sillon rhodanien.

Il faut souligner que la très grosse partie de la logistique vient des B du Rh. Les flux de transit passent par le 06 : 3 600 poids lourds par Vintimille et 4 700 remontent la vallée du Rhône chaque jour. Sur une année, 1,3 millions de camions transitent par Vintimille et le poids moyen transporté, qui a augmenté, représente 16,3 tonnes. Il est certain que pour certains produits qui ont des contraintes, il faudrait trouver d’autres solutions : trains complets, utiliser beaucoup plus le fluvial par exemple.

Les Alpes Maritimes présente des caractéristiques particulières quant aux flux de transport. Tout d’abord il y existe de multiples contraintes, un besoin d’approvisionnement important, un manque d’espace pour le transport et la logistique, un tissu professionnel actif et mobilisé, des fonctions de transport prégnantes avec 38 millions de tonnes dont 35% pour l’interne, 24% pour les échanges et 40% pour le transit. 99% des flux passent par la route. Le fret représente 10% du trafic global sur l’A8. 4800 poids lourds passent par Menton- Vintimille. La moitié trafic transalpin entre la France et l’Italie passe par le département 06, le Fréjus représente 27% et le Mont Blanc 21%. 700 000poids lourds sont en transit avec comme principaux pavillons : 25% pour l’Italie, 22% pour la France et 18% pour les espagnols. 76% de ce transit concerne l’Italie du nord.

M.Molinari intervient pour indiquer qu’il y aurait la masse suffisante pour faire des trains mais ceci n’est qu’une « théorie ». En fait, les trains conviendraient aux italiens et aux espagnols mais moins à la France qui est seulement traversée. Il repose la question de la valeur ajoutée, remarquant qu’en Belgique, ils arrivent à capter des flux, notamment sur les automobiles sur lesquelles on peut ajouter des équipements. Il note aussi que l’Espagne réalise en ce moment des travaux ferroviaires pour relier les ports espagnols entre eux, les ports espagnols ayant des terminaux ferroviaires importants. Il pose également la question sur la relation ferroviaire entre Marseille et Gênes. Pour ce qui est du fret ferroviaire entre Miramas et Vintimille, il y a 6 trains par jour. L’infrastructure ferroviaire est saturée, ce qui pose des problèmes de sécurité. Nous sommes donc devant des enjeux environnementaux importants. On peut se poser la question du report modal sur la mer.

Un intervenant rappelle qu’Escota a créé des parkings autoroutiers pour les poids lourds. Il existe une réflexion pour définir comment moderniser le réseau autoroutier et le valoriser, par exemple en instaurant une taxation moindre la nuit sur les autoroutes. D’autres personnes soulèvent les inconvénients d’une telle solution : travail de nuit, congestion sur certaines bretelles d’autoroutes, le passage au Fréjus est de 300 €, si on baisse le tarif de nuit cela risque de créer un appel d’air. Les transporteurs français sont peu compétitifs et leur part de marché a tendance à diminuer. Pour ce qui est des transports des derniers kilomètres, il faudrait s’adapter.

Stéphane Copey précise qu’en ce qui concerne le projet de Ligne Nouvelle, la région demande qu’elle soit utilisée par le fret. Quelqu’un souligne que les autoroutes de la mer c’est très bien à condition qu’elles soient connectées avec des infrastructures portuaires et ferroviaires. Les transporteurs se sont transformés en logisticiens et ce sont des entreprises à bas coût qui font du transport international. L’Espagne ne respecte pas la législation européenne en ce qui concerne le transport le dimanche. Certains préconisent d’abaisser la vitesse des camions dans le 06 afin de détourner les flux.

Question ? Comment sortir des flux de transit qui sont pénalisants ?

En ce qui concerne la substitution du transport par camion par la mer ou par le fer par rapport au nombre de camions transitant par Vintimille, il faudrait un train de marchandises toutes les heures.

Le positionnement géostratégique de la région et de Marseille pèse fortement sur les choix à faire. Le GPMM c’est 40% des conteneurs entrants qui restent sur la région alors qu’à Tanger pout 4 millions d’EVP ce sont 90% des transbordements. En 2013, 83% des transports de conteneurs se font par desserte autoroutière. Aujourd’hui à Fos on enregistre 3200 poids lourds par jour. En ce qui concerne la desserte par le fer et par le fleuve l’objectif est d’y faire passer 220 000 EVP. En 2025 pour 3 600 000 EVP il est envisagé d’en faire passer 10% par le fluvial, 30% par le train et 60% par la route.

La question du foncier est importante. Il existe une concentration du foncier logistique. Sur le GPMM, 120 ha de bâtis ont été attribués aux conteneurs, 290 ha pour le traitement de proximité hors transit pour 1 millions d’EVP supplémentaires. Par ailleurs il existe 600 ha de foncier en prévision.
Pour ce qui est de l’emploi, la filière transport logistique emploie 113 000 personnes en PACA, 57% d’entre elles travaillent dans les B du Rh. 39% de ces travailleurs sont dans des entreprises en compte propre, 47% dans des entreprises qui travaillent pour le compte d’autrui er 14% sont en intérim.

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