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La Voix ferrée des Alpes

La voix de NOSTERPACA

Article extrait du numéro 2 de "La Voix ferrée des Alpes", petit journal de décryptage ferroviaire à paraître cette semaine.

Pour que nos trains continuent à donner de la voie !


Le Département de l'Isère vient d'entrer dans l'histoire comme la première collectivité à appeler de ses vœux l'abandon de la ligne Grenoble-Gap, jugée trop peu fréquentée. L'institution, qui est
incapable de fournir les bons chiffres, semble ne pas savoir qu'en réalité, la fréquentation de la ligne est en hausse massive depuis plusieurs années.

Le loup sort du bois. Comme le relève le collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes, le Conseil départemental de l'Isère vient de devenir ce vendredi 30 juin la « première collectivité territoriale
concernée par la ligne ferroviaire Grenoble-Gap à proposer son abandon ». L'exécutif a beau jurer la main sur le cœur, dans un amendement voté en séance publique qu'il « ne demande nullement la fermeture de la ligne Grenoble-Veynes-Gap », arguant afficher « seulement ses priorités » financières, les mots sont bel et bien là.
Dans son « vœu pour une stratégie de développement du ferroviaire en Isère », voté tel quel malgré la levée de boucliers du collectif d'usagers et de l'opposition, il considère que « pour la desserte de Gap depuis l’Isère, dans son ensemble, il est raisonnable de privilégier la route ». Et enfonce le clou : « cette position est partagée avec le Département des Hautes-Alpes qui considère que l’accès ferroviaire à Gap passe par Valence et non Grenoble ».

Fréquentation en hausse massive

Pourquoi une telle position ? A cause de la « fréquentation » de la ligne explique le vœu départemental. Elle est « extrêmement faible » précise un communiqué de presse rédigé à deux mains avec le Département des Hautes-Alpes le 28 juin. D'où viennent les chiffres ? « Il faut voir
avec mon homologue de l'Isère, je lui fais pleinement confiance », répond le responsable com' des Hautes-Alpes. Lequel, après plusieurs relances, finit par nous renvoyer vers des chiffres cités par le Dauphiné libéré le jour du vote en assemblée départementale… et tirés d'un communiqué de presse du collectif de l'étoile ferroviaire. En assemblée plénière, le président Jean-Pierre Barbier bombe le torse, précisant avoir « travaillé » le dossier et « rencontré tous les acteurs du ferroviaire », mais il cite lui aussi les mêmes chiffres : « 400 personnes par jour (…) la réalité, elle est là ». En fait, pas vraiment.
Selon la SNCF, contactée par la Voix ferrée des Alpes, le Président ne tombe pas loin : 450 voyageurs par jour en moyenne sur 2016, d'après les bases de données de ventes de billets. Mais elle donne une précision de taille, qui semble avoir échappé à l'exécutif isérois : « nous, on
compte en voyages. Il y a 900 voyages par jour : on considère qu'un voyageur fait l'aller-retour dans la journée ». Il y a mieux : en 2013, le nombre de voyages par jour était de 517. La fréquentation de la ligne  a donc augmenté en moyenne de plus de 20 % tous les ans sur cette
période.

Position de principe

En novembre dernier, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, par la voix de son président, alertait en séance publique : « c'est une ligne que nous aimerions sauver. Et donc la question c'est de savoir (notamment) quelle est la mobilisation du département de l'Isère sur ce sujet ». Dans leur
communiqué commun, l'Isère et les Hautes-Alpes lui répondent clairement : la ligne « ne justifi(e) pas de nouvelles dépenses estimées à 50 millions ». Interpellé en séance publique sur cette phrase, le président du Département isérois insiste : « oui, on préféreraient qu'ils (la SNCF) mettent l'argent ailleurs ». Pourquoi une telle position de principe ? Contacté par nos soins, le Département ne répond pas : « à la Région de décider, nous on ne veut rien condamner ». Du
côté des Hautes-Alpes, le son de cloche est différent. Le Département, qui avait voté en septembre dernier une « motion relative au maintien de la ligne ferroviaire Veynes-Grenoble », explique : « la perspective de fermeture de la ligne (si des travaux ne sont pas entrepris) est en
2025. C'est quand même loin. S'il y a urgence à fermer, on pourra ré envisager d'intervenir ». Il indique ne pas avoir demandé de modification du texte du vœu isérois « parce qu'on est d'accord sur les projets », mais il reconnaît : « c'est très mal tourné ». « Très mal tourné », très mal renseigné : peut-être deux bonnes raisons de revoir un vœu qui risque de mal passer ?

Pour tout contact : Lionel Perrin (07 81 87 81 14)

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